Nouvelles Technologies

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RFI - Dominique Desaunay

Comment et pourquoi le progrès et l'innovation technologique modifient-ils notre quotidien ? Dominique Desaunay met l’accent sur les initiatives locales, donne la parole à ceux qui imaginent notre avenir, et propose une immersion au cœur même de la civilisation «numérique» mondiale.

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Nouvelles technologies - La gestion des crises à l’ère numérique

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Lorsque surviennent des attentats, des catastrophes naturelles, industrielles sans oublier évidemment des pandémies, l’urgence, pour de nombreuses entreprises et pour les États, est d’alerter le plus tôt possible leurs salariés ou leurs populations d’un danger immédiat. Certaines firmes high-tech, comme Everbridge, se sont spécialisées pour les grands comptes et les gouvernements dans l’alerte et la gestion de ces crises mondiales, à l’ère numérique.

En employant de la haute technologie à des années lumières des applications grand public pour smartphones, le service de gestion en temps réel des crises de la plateforme Everbridge permet à de nombreux gouvernements, à de grands instituts, aux hôpitaux, aux municipalités, aux entreprises publiques comme privées, de diffuser partout dans le monde sur les télés, radios, écrans d’affichages, sans oublier les mobiles, des messages d’alertes, avant, pendant et après une urgence, quel que soit son origine ou sa nature. « La plateforme a envoyé 3 milliards de messages l’année dernière à plus de 200 pays par l’intermédiaire de 100 canaux de communication différents et alerté 500 millions de personnes », nous explique Gautier Lavigne, responsable marketing Europe d’Everbridge.

« L’idée c’est que l’on puisse contacter les personnes en même temps sur leur téléphone, en les appelant, par SMS ou à travers des applis. Nous pouvons aussi envoyer des notifications directement sur les écrans de contrôles et d’affichages dans les entreprises, sur les télés, mais aussi des messages audios sur les postes de radio. Ces messages posent une question essentielle à leurs destinataires « est-ce que tout va bien ? ». Ils ont la possibilité de répondre en utilisant leurs mobiles, par exemple : 1- oui je vais bien, 2- non j’ai besoin d’assistance, 3- je ne suis pas sur le lieu de la catastrophe. En quelques secondes on obtient un rapport sur la situation pour déterminer combien de personnes ont besoin d’une aide en urgence.

En Norvège, nous avons diffusé, par exemple, plus de 5 millions de SMS instantanément dès le début de la pandémie du Covid-19 afin de désengorger les hôpitaux en demandant aux gens de se confiner chez eux. Ces messages bi-directionnels demandaient en parallèle des volontaires notamment aux chauffeurs de bus de venir chercher des individus qui étaient exposés au danger, sans possibilité de rentrer chez eux ou de rejoindre un hôpital. Notre système analyse en temps réel de nombreux évènements considérés comme critiques. Des risques d’inondations, des actes terroristes, des manifestations, des épidémies… plus de 500 critères d’alertes potentiels sont répertoriés sur notre plateforme. »

Ces systèmes d’alertes aux populations sont-ils vraiment efficaces quand ils sont développés et déployés par les États ?

Telle est la question ! La France est devenue à ce titre, un contre-exemple en Europe avec son Système d’Alerte et d’informations aux populations, siglé SAIP qui a fait la preuve de son inefficacité. Le dispositif ne s’est pas déclenché, par exemple, lors de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice. La technique a été depuis abandonnée par le gouvernement qui préfère aujourd’hui se concentrer sur les réseaux sociaux et des systèmes au coup par coup, comme l’appli Stop Covid afin d’endiguer la pandémie de coronavirus, ou de développer des plateformes numériques pour gérer la crise sanitaire, comme AlloCovid. Rappelons toutefois, que le Parlement européen a rendu obligatoire en 2018, la mise en place dans chaque pays de l’UE d’un dispositif d’alerte numérique pour les populations, capable de traiter n’importe quel type de catastrophe. Les États membres ont jusqu’à mai 2022 pour se conformer à la directive.

Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr 

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Nouvelles technologies - CNRS, de la matière noire aux respirateurs

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Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a publié les plans d’un respirateur artificiel en open source pour les patients atteints par le Covid-19. L’appareil est passé de la conception à la réalité en six semaines sous l’impulsion de physiciens spécialistes de l’énigmatique matière noire, qui ont abandonné, le temps de la pandémie, leur recherche sur la « masse manquante » de l’univers.

Alors que la région de Milan, en Italie, était touchée de plein fouet par le Covid-19, les recherches portant sur la nature de cette mystérieuse matière noire, la masse manquante de l’univers, qui se dérobe toujours aux investigations des scientifiques, étaient suspendues.

Pour répondre à l’urgence sanitaire et à la pénurie de matériel, une collaboration internationale, composée des physiciens du Global Argon Dark Matter, réunissant des Italiens, des Américains, des Français et des Canadiens dont Art McDonald, prix Nobel de physique en 2015, décident alors de créer un respirateur, nous relate Davide Franco, chercheur du CNRS, qui a participé aux tests de ce ventilateur siglé MVM.

« L’idée pour le Milano Ventilator Meccanico était de faire un design qui se base sur un nombre de composants très limité, disponible sur le marché, avec la possibilité de produire le MVM à très grande échelle. Nous avons appris avec cette pandémie que l’on doit pouvoir stocker ce genre d’appareil en cas de deuxième vague ou une nouvelle pandémie parce que nous sommes dans un monde complètement globalisé. On doit réfléchir aussi à aider les pays en difficulté de l’Asie à l’Amérique du Sud dans lesquels le coût des ventilateurs présents sur le marché ne peut pas permettre de stocker de grandes quantités de respirateurs. »

Approuvé par les autorités américaines

L’appareil vient d’être approuvé par les autorités américaines de la Food and Drug Administration. Le dispositif s’inspire d’un modèle qui date des années 1960. Ce respirateur simple et sans mécanisme complexe, fonctionne à l’aide des flux d’oxygène disponible dans les hôpitaux. Il convient aux patients qui ont besoin d’une aide respiratoire ou aux malades sous sédation mais, dans ce cas, avec la surveillance constante du personnel hospitalier.

Tous les plans de sa fabrication sont en open source, donc libres de reproduction pour une plus grande diffusion dans tous les pays qui en feront la demande.

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Nouvelles technologies - Covid-19: l’IA en renfort à l’hôpital

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Siemens Healthineers vient de développer et de déployer, en collaboration avec les équipes de l'hôpital, en région parisienne, un programme d'imagerie médicale basé sur l'intelligence artificielle. L'algorithme permet d'identifier rapidement l'étendue et la sévérité des lésions pulmonaires visibles par scanner, chez les patients atteints de Covid-19.

Tous les programmes informatiques qualifiés d’intelligents ont été conçus afin de recouper et de croiser des montagnes de données et d’en retirer une information pertinente. Ils excellent aujourd’hui dans le domaine de l’imagerie médicale, afin d’identifier et d’analyser des phénomènes biologiques complexes, nous explique Agnès Malgouyres, responsable Intelligence Artificielle de la division santé Healthineers de la firme Siemens.

« Dans le domaine de l’imagerie médicale on demande à un programme d’intelligence artificielle d’aider le radiologue pour des taches qui sont extrêmement longues et répétitives. Par exemple, un scanner thoracique, c’est environ 1 000 images différentes par patient qu’il faut scruter et annoter à la main, l’IA va éviter cette perte de temps au radiologue. On traite ces données très rapidement grâce à la puissance informatique considérable de notre supercalculateur de 20 pétaflops qui est basé aux environs de New-York. L’algorithme que nous avons développé, dans une première étape reconnait sur les images les zones anatomiques du patient, puis dans une seconde identifie les anomalies potentielles correspondant à une pathologie. Les images Covid-19 nous ont été fournies principalement par l’hôpital Foch et par d’autres établissements. Face à l’urgence sanitaire Siemens Healthineers a pris la décision de fournir gratuitement ce logiciel dans le monde entier. »

Le programme développé par Siemens est actuellement employé pour tester l’efficacité de plusieurs traitements contre le coronavirus, nous précise Pr Philippe Grenier, radiologue thoracique et chef du projet Intelligence Artificielle au sein de l'hôpital Foch.

« Aujourd’hui, on constate une demande insistante provenant de toutes les équipes médicales de recherche, pour évaluer précisément les tests de médicaments contre le Covid-19. Le rôle de ce logiciel c’est ça ! avoir des mesures fines et quantifiées, savoir si la maladie progresse ou au contraire diminue avec différents traitements. Nous sommes en train de vérifier des essais thérapeutiques qui font actuellement l’objet d’une soumission pour des publications scientifiques concernant des tests considérés comme fiables et reproductibles. »

Les programmes d'Intelligence artificielle sont devenus des outils précieux pour la recherche médicale, mais pas seulement ! Cette santé numérisée en période de pandémie prend son essor dans bien d’autres domaines, allant du diagnostic à la planification thérapeutique jusqu’au suivi des patients au sein de la plupart des établissements hospitaliers du monde.

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Nouvelles technologies - Les pétaflops à l’assaut du Covid-19

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Deux supercalculateurs en France, le Joliot-Curie installés au Très grand centre de calcul du commissariat à l’Énergie atomique et l’OCCIGEN du Centre national de calcul, se mettent au service des chercheurs européens engagés contre le Covid-19. Objectif, comprendre la structure moléculaire du virus et accélérer la mise au point d'un vaccin efficace contre la maladie.

Les supercalculateurs représentent le nec plus ultra de l’informatique. Ces machines ultra-perfectionnées sont devenues le fer de lance de la recherche contre le Covid-19, tant en France que dans le monde.

Une science du numérique dénommée Calcul haute performance que le groupe Atos spécialiste de l'informatique en nuage, de la cybersécurité, et de l’informatique quantique maitrise depuis des années.

La firme équipe des industriels, les géants du Web ou encore les grands centres de recherches de ces supercalculateurs, nous précise Damien Déclat, spécialiste et responsable pour le monde du Calcul Haute Performance de l'informatique en nuage, de la programmation quantique et de l'intelligence artificielle, chez Atos.

Daniem Déclat, spécialiste et responsable du Calcul Haute Performance chez Atos :« Aujourd’hui un supercalculateur, il faut se le représenter comme étant la combinaison de milliers de PC grand public qui sont reliés les uns aux autres et qui, grâce à la puissance de calcul générée permet d’atteindre un nombre très important d’opérations. Aujourd’hui cette puissance se compte en pétaflops, un pétaflop étant un million de milliards d’opérations arithmétiques par seconde. Nombreux de nos clients ont mis à disposition des chercheurs une grande partie de leurs ressources de calcul, au Brésil, au Royaume-Uni, en République Tchèque, en Finlande, aux Pays Bas et en France notamment avec le GENCI qui avec ses deux supercalculateurs, le Joliot-Curie, opéré au Très Grand Centre de Calcul du CEA et Occigen au CINES, le centre national de calcul de la CPU ont ouvert leurs ressources pour permettre aux scientifiques de travailler aux différents axes de recherches de la lutte contre le Covid.

Le premier au niveau de l’étude épidémiologique du virus, par exemple, en Finlande sur la propagation du pathogène dans l’air à l’intérieur d’une grande surface, de suivre en temps réel comment se propage le virus par voie aérienne et plus globalement comment il contamine une population. D’autres travaux s’intéressent à la structure moléculaire et au comportement du virus et le 3eme type de recherches à l’aide de simulations numériques est d’imaginer quelles seraient les protéines ou molécules permettant de contribuer au développement d’un vaccin efficace contre le Covid-19. »

Concrètement, les chercheurs impliqués dans la lutte contre le Covid-19 ont un accès distant à cette colossale puissance de Calcul, les scientifiques quel que soit leur laboratoire ou lieu de confinement sont prioritaires pour bénéficier de cette profusion de pétaflops.

Mais sans préjuger des résultats de ces simulations numériques de hautes volées, s’esquisse peut-être le monde d’après !  du moins dans le domaine du Calcul Haute Performance quand des organisations publiques et privées forment une alliance sacrée pour juguler cette crise sanitaire mondiale qui n’a que trop durée !

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Nouvelles technologies - Le CERN à la rescousse des chercheurs pour lutter contre la pandémie

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Le CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire, a annoncé la création d’un « groupe d’action pour recenser et appuyer les contributions des physiciens et des chercheurs » pour combattre la pandémie de Covid-19. Leurs travaux de recherche ont permis de développer un ventilateur transportable capable de soulager les premiers signes de gêne respiratoire des patients atteints par la maladie.

Fondé en 1954, le CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire, situé de part et d'autre de la frontière franco-suisse, près de Genève, est un haut lieu de la physique fondamentale, entièrement consacré à la découverte des constituants et des lois de l’Univers.

Dès le début de la pandémie, les équipes de chercheurs et d’ingénieurs qui s’occupent des accélérateurs du centre comme celui du LHC, le plus puissant du monde, et des détecteurs de très hautes technologies, qui permettent d’étudier les collisions des particules subatomiques, sont passés en mode confiné. Plutôt que de rester inactifs tous les physiciens à travers le monde qui œuvrent pour le CERN, ont décidé de contribuer à l’effort collectif de la lutte contre le Covid-19.

Une collaboration avec les experts de la santé

Un groupe d’action dénommé « CERN against Covid-19 » est constitué, pour travailler en étroite collaboration avec des experts de la santé, du médicament, de l’épidémiologie et les services de secours de la société civile. Des projets concrets sortent bientôt des labos comme « un respirateur à usage médical innovant, transportable et simple à construire »,  nous détaille Frédérick Bordry, directeur des accélérateurs et des technologies du CERN.

Ce ventilateur dénommé HEV n’est pas destiné aux services de réanimation, mais aux patients présentant des gênes légères de respiration. Le CERN développe également d’autres technologies pour soulager les personnels hospitaliers qui souffrent de pénuries de matériel

Du gel aux visières de protection en passant par les supercalculateurs

Ses laboratoires de chimie, par exemple, produisent des tonnes de gel hydroalcoolique à destination des urgentistes dans la région franco-suisse, des visières de protection pour les soignants sont imprimées en 3D dans ses ateliers ultraperformants de prototypage. Le Centre met également au service de la communauté scientifique internationale la colossale puissance numérique de ses supercalculateurs, afin d’aider à la recherche d’un traitement ou d'un vaccin.

Désormais, tous les physiciens de l’infiniment petit du CERN et du monde entier sont sur le pied de guerre, tous bien décidés à éradiquer ce virus microscopique mais infiniment mauvais.

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